NOTE DE LECTURE – « L’Expiation des innocents » de ALI CHIBANI (Par Virginie Brinker)

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RÉSUMÉ  :

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Souvenirs d’une Algérie ensanglantée, où bourreaux et victimes sont confondus par la nuit et par les médias étrangers. Le temps est rythmé par les balles et les cris des mères. L’espace est un gouffre qui arrache à la vie toute ses possibilités et sa langue originelle. Histoire d’une violence devenue déjà un tabou. Désir d’un autre espace où l’on peut s’asseoir. On va alors vers des lieux autres mais sans jamais trouver la tranquillité rêvée. Après chaque arrivée, il faut partir de nouveau car comment rester dans ce pays où l’étranger est présenté comme un monstre, où le capitalisme domine, et comment survivre quand l’amour – espace de tous les espoirs – s’est évanoui ? On revient au berceau et au tombeau premiers pour répondre aux questions des os et faire pousser des fleurs sur les tombes.

Face à l’absence d’un espace-temps historique stable, le texte crée discrètement et sans exclusivité son propre espace, tissé par le signe fondateur de la « mort » appelant à être transformé par « Une langue-âme/ Dans une langue-corps » qui porte les traces et les déchirures de la culture kabyle. Il reste que cet espace textuel hésite quant au rapport qu’il doit entretenir avec le monde. Faut-il être dans le tragique ou dans le cynisme ? Faut-il philosopher, poétiser ou tout simplement constater ? Faut-il faire de la politique ou adopter (adapter ?) une religion ? Faut-il séparer la réinvention du Moi de la réinvention de Dieu ?


 VIRGINIE BRINKER  :

Virginie Brinker apporte au plateau une présence à la fois lumineuse et profondément ancrée dans le savoir. Professeure d’université, chercheuse passionnée et lectrice engagée, elle fait partie de ces voix rares qui savent allier la rigueur académique à une sensibilité littéraire vive et accessible. Avec elle, la critique devient un espace de dialogue, d’ouverture et de transmission.

Dans Les Lectures de Gangoueus, Virginie a cette manière singulière d’aborder les œuvres : avec une précision d’orfèvre, une curiosité toujours en éveil et un respect profond pour les auteurs et leurs univers. Elle éclaire les textes sans jamais les figer, elle les interroge sans les dénaturer, elle en révèle les strates, les tensions, les beautés cachées. Sa parole, posée et généreuse, invite le public à entrer dans la littérature avec confiance et plaisir.

Ce qui la distingue, c’est sa capacité à relier les œuvres aux grandes questions du monde, tout en gardant une proximité chaleureuse avec les lecteurs. Elle parle des livres comme de compagnons de pensée, des récits comme de terrains d’exploration, des auteurs comme de voix qui comptent dans le paysage littéraire contemporain. Sur le plateau, elle devient une passeuse éclairée, une guide attentive, une présence qui rassure autant qu’elle stimule.

Au‑delà de l’émission, Virginie Brinker poursuit son engagement dans la recherche, l’enseignement et la valorisation des littératures africaines et francophones. Elle contribue à faire circuler les idées, à soutenir les auteurs, à nourrir les débats qui font vivre la création littéraire.

Virginie, c’est cette voix qui rappelle que la littérature est un espace de pensée et d’émotion — et qu’il suffit parfois d’un regard éclairé pour en révéler toute la profondeur.


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