NOTE DE LECTURE – « L’or des rivières » de NIMROD (Par Anaïs Heluin)

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RÉSUMÉ  :

L'Or des rivières par Nimrod

Revenant au pays comme chaque année pour visiter sa mère. Nimrod emprunte aux premières lueurs de l’aube les ruelles ocre de son quartier d’antan. Par-delà les années la vieille dame n’a pas bougé, et pour son fils exilé, voyageur lettré de passage en ce monde dont elle préserve l’intemporelle réalité, un sentiment soudain se précise : « C’est ma mère qui invente ce pays. Comme j’ai mis longtemps pour formuler cette idée. Elle est si simple pourtant. Dépouillé depuis toujours de la moindre de mes richesses, surtout lorsque j’ai eu dix-neuf ans – qui est l’âge de la guerre civile -, le pays ne cesse de me piller. Ma mère incarne ce dénuement. Aux poètes tchadiens – présents et à venir – je dédie cette par-celle de nudité que même la fraîcheur matinale dé-daigne désormais. Il faut beaucoup d’imagination pour lui trouver un attribut maternel. C’est mon rôle à moi qui suis poète. Ma mère invente le Tchad. » A partir de ce subtil hommage, Nimrod déploie, dans une succession de tableaux, des récits dans lesquels il réenchante les bonheurs passés, évoque les rares moments de partage avec son père, grand absent de sa vie, et revient aux origines de son tempérament contemplatif, comme si dans l’enfance il percevait déjà l’inévitable départ et dès lors s’efforçait de préserver en lui un refuge aux dimensions de l’univers : la poésie est fille de mémoire.



 ANAÏS HELUIN  :
 
Anaïs, c’est cette voix qui rappelle que la littérature n’est pas seulement un objet d’étude — c’est une expérience, un dialogue, un monde à partager.

Anaïs Heluin est une voix singulière dans le paysage critique contemporain. Journaliste, critique littéraire et observatrice attentive des scènes culturelles africaines et francophones, elle apporte au plateau une profondeur d’analyse rare, nourrie par des années de terrain, de rencontres et de lectures passionnées. Avec elle, la critique devient un espace vivant, sensible, où les œuvres se déploient dans toute leur complexité.

Dans Les Lectures de Gangoueus, Anaïs a cette manière unique d’aborder les livres : avec une intelligence fine, une écoute profonde et une curiosité toujours en mouvement. Elle sait saisir ce qui fait la force d’un texte — sa respiration, sa tension, son architecture — et le restituer avec une clarté qui éclaire sans jamais simplifier. Sa parole, précise et chaleureuse, crée un pont naturel entre l’exigence critique et le plaisir de lire.

Ce qui la distingue, c’est son regard profondément humain sur les œuvres et sur celles et ceux qui les écrivent. Elle parle des auteurs comme de créateurs engagés dans le monde, des récits comme de lieux où se jouent des questions essentielles, des livres comme de compagnons de pensée. Sur le plateau, elle devient une passeuse éclairée, une voix qui accompagne, qui nuance, qui ouvre des perspectives.

Au‑delà de l’émission, Anaïs Heluin poursuit son travail de critique et de journaliste, soutenant les initiatives culturelles, les écritures émergentes et les espaces où la création africaine se réinvente. Elle incarne une médiation littéraire exigeante, généreuse et profondément ancrée dans le réel.


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