Originaire du sud algérien et établie à Paris depuis quelques années, Selma Guettaf touche à différentes créations, tout en plaçant le roman au centre de ses occupations.
D’abord à Oran, Selma suit des études de lettres et travaille pour plusieurs journaux comme l’Écho d’Oran et le journal national El Watan. Elle finit par quitter le milieu journalistique qui manquait selon elle d’imagination, souhaitant donner à son parcours une nouvelle impulsion. A l’âge de 23 ans, elle décide de s’installer à Paris, poursuivant son parcours universitaire. Il lui semble qu’on ne peut approcher la littérature autrement.
J’aime le malheur que tu me causes ou Jeunesse ratée (éditions Lazhari Labter, 2013) est le premier récit de Selma Guettaf retenu dans la sélection du prix Mohammed Dib. Elle publie ensuite Les Hommes et toi aux éditions Apic en 2016, préfacé par Catherine Belkhodja et qui figure dans la liste des onze finalistes du Prix Senghor 2017 du premier roman francophone et francophile. Ce roman fût notamment salué par Dominique Loubao, présidente de La Plume Noire et du Prix Senghor. En parallèle, elle devient documentaliste lors du développement de la série historique Spleen, produite par France Télévisions et les Films du Tambour de Soie, réalisée par Florian Beaume. Cette expérience lui inspire un roman.
CEDRIC MOUSSAVOU :
Cédric Moussavou appartient à cette famille rare de lecteurs pour qui la littérature n’est pas un simple territoire d’évasion, mais une manière d’habiter le monde. Chez lui, le livre n’est jamais un objet : c’est une présence, une conversation, parfois un combat. Lecteur insatiable — ainsi que le présente l’émission Les Lectures de Gangoueus où il intervient régulièrement — il avance dans les textes comme on avance dans une forêt dense, avec la patience de celui qui sait que chaque page peut ouvrir un sentier inattendu.
Son regard, précis et généreux, s’attarde volontiers sur les littératures africaines et diasporiques, dont il explore les voix, les fractures, les élans. Il lit pour comprendre, mais aussi pour relier : relier les œuvres entre elles, relier les auteurs à leurs héritages, relier les lecteurs à des imaginaires parfois tenus à distance. Dans ses chroniques, Cédric Moussavou ne cherche pas l’effet, encore moins la posture. Il cherche la justesse. Il parle des livres comme on parle d’un ami rencontré au détour d’un voyage : avec respect, avec curiosité, avec cette manière singulière de faire sentir que la littérature, lorsqu’elle est prise au sérieux, peut encore déplacer quelque chose en nous.
Ainsi s’est-il imposé, discrètement mais sûrement, comme l’une des voix sensibles de la médiation littéraire francophone contemporaine — une voix qui lit pour éclairer, et éclaire parce qu’elle lit.