NOTE DE LECTURE – « Les saprophytes » de NOEL KOUAGOU  (Par Cédric Moussavou)

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 RÉSUMÉ  :
NOEL KOUAGOU
Partir demeure une obsession pour bon nombre de jeunes Africains en quête dune vie meilleure. Ce désir, légitime, pousse chaque année des milliers dentre eux à quitter leur pays natal avec des rêves plein la tête. Alors, quand une opportunité est offerte à Tchéta de travailler à Dubaï comme employée dhôtel, elle nhésite pas. Il senvole avec la bénédiction de sa famille, ravie elle aussi des répercussions de cette émigration sur son quotidien. Mais rapidement, après quelques semaines d’adaptation, une nouvelle réalité se dessine, le rêve se transforme insidieusement en cauchemar. Tableau puissant et tragique, ce récit nest pas seulement un cri de révolte contre une réalité dune ampleur considérable et pourtant ignorée, mais aussi une réflexion en amont sur les lourdes pressions que font subir les familles restées au pays à leurs progénitures et qui, appâtées par le gain et le désir dascension sociale, les condamnent à la misère et au silence.


 CEDRIC MOUSSAVOU  :
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est C%C3%A9dric-M.-01.gif.Cédric Moussavou appartient à cette famille rare de lecteurs pour qui la littérature n’est pas un simple territoire d’évasion, mais une manière d’habiter le monde. Chez lui, le livre n’est jamais un objet : c’est une présence, une conversation, parfois un combat. Lecteur insatiable — ainsi que le présente l’émission Les Lectures de Gangoueus où il intervient régulièrement — il avance dans les textes comme on avance dans une forêt dense, avec la patience de celui qui sait que chaque page peut ouvrir un sentier inattendu.
Son regard, précis et généreux, s’attarde volontiers sur les littératures africaines et diasporiques, dont il explore les voix, les fractures, les élans. Il lit pour comprendre, mais aussi pour relier : relier les œuvres entre elles, relier les auteurs à leurs héritages, relier les lecteurs à des imaginaires parfois tenus à distance. Dans ses chroniques, Cédric Moussavou ne cherche pas l’effet, encore moins la posture. Il cherche la justesse. Il parle des livres comme on parle d’un ami rencontré au détour d’un voyage : avec respect, avec curiosité, avec cette manière singulière de faire sentir que la littérature, lorsqu’elle est prise au sérieux, peut encore déplacer quelque chose en nous. Ainsi s’est-il imposé, discrètement mais sûrement, comme l’une des voix sensibles de la médiation littéraire francophone contemporaine — une voix qui lit pour éclairer, et éclaire parce qu’elle lit.

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