NOTE DE LECTURE – « La saison des prunes » de PATRICE NGANANG (Par Zacharie Acafou)

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 RÉSUMÉ :

1940-1944 : ‘ saison des prunes ‘ qui vit les Camerounais prendre le parti de la France libre, accueillir De Gaulle et son lieutenant Leclerc, tous deux alors condamnés à mort. Bâti sur l’amitié entre deux hommes – Ruben Um Nyobé, le futur chef indépendantiste, et le poète Louis-Marie Pouka -, ce roman foisonnant commence par la défaite française d’août 1940. Pouka et Um Nyobé rentrent dans leur village, Edéa.

Le poète veut y réaliser un de ses vieux rêves : créer un cénacle pour former les futurs poètes camerounais, groupe qui se réunira dans le bar du village, devenu aussi maison de passe… Mais ces retrouvailles sont perturbées par l’arrivée de Leclerc, et le cénacle devient vite le vivier de recrutement de ‘ tirailleurs ‘, les premiers soldats de la France libre. De nombreux jeunes s’engagent ainsi pour se venger, fuir ou découvrir l’ailleurs.

On suit alors l’épopée de ces soldats, sous-équipés par une France libre sans moyens, allant eux aussi à la guerre ‘ en chantant ‘, mais surtout au massacre?; les balbutiements pittoresques du commandement français (De Gaulle, Leclerc, Massu… bien différents de la légende officielle) ?; la vie du village qui continue grâce au courage des femmes qui souffrent et se battent malgré les violences et les viols.

Roman symphonique, enlevé, tragique mais aussi plein d’humour, La saison des prunes raconte les luttes, les amours, les rêves, la bravoure de personnages pris dans une guerre qui n’est pas la leur, mais devant laquelle ils ne reculeront pas.



 ZACHARIE ACAFOU  :

Zacharie Acafou est un enseignant, journaliste et critique littéraire ivoirien, dont la plume et la parole font vibrer les textes qu’il explore. Observateur attentif de la scène littéraire africaine francophone, il s’attache à révéler les dynamiques narratives, les enjeux mémoriels et les voix émergentes qui traversent les littératures du Sud. Dans l’émission Les Lectures de Gangoueus, il intervient avec rigueur et finesse, apportant un regard éclairé sur les œuvres discutées. Ses chroniques sont marquées par une grande exigence intellectuelle, mais aussi par une sensibilité à la langue, aux silences et aux non-dits des récits. Il aime interroger les textes dans leur rapport au réel, à l’histoire, et à la condition humaine. Dans une interview audio avec Gangoueus, il revient sur son parcours de lecteur adolescent, son entrée dans le journalisme culturel, et son engagement critique envers les littératures africaines. Il anime également certaines rencontres littéraires sur Sud Plateau TV, comme la discussion entre Christian Eboule et Solo Niaré, lors de La Journée RIVE NOIRE LITTERATURE où il fait dialoguer les mémoires coloniales et les imaginaires contemporains avec subtilité. Un chroniqueur exigeant, une voix posée, et un regard qui sait lire entre les lignes.

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