NOTE DE LECTURE – « Ainsi parlait mon père » de SAMI TCHAK (Par Joss Doszen)

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 RÉSUMÉ :

Sami Tchak est né en 1960. Il est le premier enfant de son père à avoir appris à lire et à écrire. Après une licence de philosophie à l’université de Lomé, il termine des études à Paris par un doctorat de sociologie. Il écrit des essais puis des romans. Mais c’est dans la forge de son père qu’a commencé son éducation. Le charbon, les soufflets, le feu, l’enclume, le fer rougi et le marteau ont précédé les pages et la plume. Et surtout les histoires de son père. Sami Tchak l’écoutait sans cesse. Ce dialogue, cette écoute a duré plus de quarante ans et ne s’est interrompu que par la mort du père en 2003 mais il continue à entendre sa voix, à percevoir ses mots et sa sagesse. Ces pages sont un fragment des histoires de cet homme qui disait à son fils : « Tu m’écoutes et tu tries. Tu m’écoutes et du tamises mes mots. Il en restera juste des miettes donc l’essentiel ». Ces « leçons de la forge » que le père adressait à ses fils, ses filles, ses épouses, aux hommes et aux femmes du village, Sami Tchak ne les a pas oubliées : elles sont un bien inestimable, des leçons d’humanité, d’humilité et d’amour. « D’un enfant, nous devons apprendre plus que nous ne pouvons lui enseigner, puisqu’il porte en lui le monde que nous n’aurons pas le temps de vivre, alors que lui a la possibilité de connaître l’essentiel de ce qui existait avant lui. » : ainsi parla mon père à la naissance de mon fils aîné Malick le 2 juin 1987 à Ouagadougou. « Tu prétends avoir terrassé tous tes concurrents dans les sept villages, hein, beau champion de lutte ? En es-tu sûr ? Es-tu sûr qu’il ne te reste aucun concurrent à terrasser ? Tu veux que je te dise la vérité, tu le veux ? Jeune homme, ta victoire ne sera complète que le jour où tu mettras à genoux ta propre ombre » : ainsi parla mon père au plus grand lutteur du village qui s’inventait sa propre légende. « Partout dans le monde, si tu ne retrouves pas en les autres une part profonde de toi, ne dis pas qu’ils sont différents de toi, mais que tu n’as pas su te chercher en eux. Sinon, en chaque homme, en chaque femme, même en ceux et en celles qui te semblent si vils, méprisables, il y a ta propre vérité. Ne pas t’y trouver, c’est passer forcément à côté de toi-même, mon fils » : ainsi parla mon père pour m’apprendre à chercher en chacun la part entière de l’humaine condition.


 JOSS DOSZEN  :

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Joss-1.jpg.Joss Doszen est un conteur urbain, un écrivain auto-édité et un chroniqueur littéraire dont la voix singulière résonne dans les marges et les carrefours de la mondialisation. Dans l’émission Les Lectures de Gangoueus, il apporte une parole libre, poétique et profondément ancrée dans les réalités contemporaines des diasporas africaines. Joss Doszen se définit lui-même comme une illusion, un prétexte narratif, un pipeline d’histoires : celles des nouveaux Africains, ceux qui ont les pieds enracinés dans le continent et le cœur en errance entre les continents. Il ne se revendique pas écrivain au sens classique, mais plutôt passeur de récits, faiseur de phrases, tisseur de trajectoires. Son œuvre phare, Le clan Boboto, est un conte urbain qui explore les tensions familiales, les rêves brisés et les stratégies de survie dans un monde mondialisé. À travers ses chroniques, Joss Doszen interroge les identités fragmentées, les héritages invisibles et les silences qui façonnent les vies ordinaires. Dans l’émission, il intervient avec une parole dense, imagée, parfois provocante, toujours habitée. Il fait partie de ces voix qui ne cherchent pas à expliquer les textes, mais à les faire vibrer, à les faire entendre autrement. Un chroniqueur qui parle avec ses tripes, ses souvenirs et ses visions. Découverte :

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