« Aussi loin que je me souvienne, on ne m’a jamais appris à aimer. Je dois dire que les choses n’ont pas beaucoup évolué. » C’est sur cette sentence que s’ouvre le journal anonyme qu’est Mâle Noir. Au fil des pages et des pérégrinations de cet homme d’une trentaine d’années, on découvre son parcours affectif chaotique, ses atermoiements et son incapacité à s’ouvrir aux autres. Différentes rencontres le font petit à petit sortir du confort feutré de sa solitude, mais au moment où il semble finalement s’ouvrir, et où l’affection et l’amour font enfin partie des émotions qui l’animent, tout lui échappe. On suit ce narrateur dans ses réflexions sur les sujets de société qui le traversent et le dépassent, le racisme, le mouvement décolonial, l’immigration. Parfois cynique, mélancolique, tendre ou euphorique, le narrateur nous fait voyager dans cette vie d’immigré en quête d’un bonheur simple, celui de l’amour des autres et de soi, et à travers lui, la liberté. D’une plume libre, vive et tranchante, Mâle Noir est un roman puissant, dérangeant et universel.
JOSS DOSZEN :
Joss Doszen est un conteur urbain, un écrivain auto-édité et un chroniqueur littéraire dont la voix singulière résonne dans les marges et les carrefours de la mondialisation. Dans l’émission Les Lectures de Gangoueus, il apporte une parole libre, poétique et profondément ancrée dans les réalités contemporaines des diasporas africaines. Joss Doszen se définit lui-même comme une illusion, un prétexte narratif, un pipeline d’histoires : celles des nouveaux Africains, ceux qui ont les pieds enracinés dans le continent et le cœur en errance entre les continents. Il ne se revendique pas écrivain au sens classique, mais plutôt passeur de récits, faiseur de phrases, tisseur de trajectoires. Son œuvre phare, Le clan Boboto, est un conte urbain qui explore les tensions familiales, les rêves brisés et les stratégies de survie dans un monde mondialisé. À travers ses chroniques, Joss Doszen interroge les identités fragmentées, les héritages invisibles et les silences qui façonnent les vies ordinaires. Dans l’émission, il intervient avec une parole dense, imagée, parfois provocante, toujours habitée. Il fait partie de ces voix qui ne cherchent pas à expliquer les textes, mais à les faire vibrer, à les faire entendre autrement. Un chroniqueur qui parle avec ses tripes, ses souvenirs et ses visions. Découverte :