Après son mariage « par procuration », une jeune femme s’aperçoit en rejoignant son époux à Paris que ce dernier n’est pas celui qu’elle a accepté d’épouser. « Atipo, mon mari », la nouvelle qui ouvre ce recueil, donne le ton. Tous les personnages sont écartelés entre leurs ambitions et les moyens de les satisfaire. Il en est ainsi de cet homme qui ne cesse de croiser des inconnus portant des chapeaux jaunes en se rendant à un rendez-vous important ; de ces deux étudiants africains qui, bien que vivant à Paris, se démènent pour dialoguer avec les divinités ancestrales afin d’aider Barack Obama à se faire élire ; de ce personnage qui, pour ne pas rater une émission de télévision, adopte des comportements qui l’installent dans le collimateur des services secrets français ; de ce jeune écrivain qui suscite l’émoi dans son pays pour y avoir publié le premier livre ou encore de cet homme qui accepte l’invitation à prendre le thé chez des voisins qu’il était en réalité loin de connaître. A travers ces onze nouvelles, Dibakana Mankessi explore avec légèreté et finesse la complexité de la condition humaine, avec pour toile de fond les effets de la rencontre avec l’autre différent..
ZACHARIE ACAFOU :
Zacharie Acafou est un enseignant, journaliste et critique littéraire ivoirien, dont la plume et la parole font vibrer les textes qu’il explore. Observateur attentif de la scène littéraire africaine francophone, il s’attache à révéler les dynamiques narratives, les enjeux mémoriels et les voix émergentes qui traversent les littératures du Sud. Dans l’émission Les Lectures de Gangoueus, il intervient avec rigueur et finesse, apportant un regard éclairé sur les œuvres discutées. Ses chroniques sont marquées par une grande exigence intellectuelle, mais aussi par une sensibilité à la langue, aux silences et aux non-dits des récits. Il aime interroger les textes dans leur rapport au réel, à l’histoire, et à la condition humaine. Dans une interview audio avec Gangoueus, il revient sur son parcours de lecteur adolescent, son entrée dans le journalisme culturel, et son engagement critique envers les littératures africaines. Il anime également certaines rencontres littéraires sur Sud Plateau TV, comme la discussion entre Christian Eboule et Solo Niaré, lors de La Journée RIVE NOIRE LITTERATURE où il fait dialoguer les mémoires coloniales et les imaginaires contemporains avec subtilité. Un chroniqueur exigeant, une voix posée, et un regard qui sait lire entre les lignes.