NOTE DE LECTURE – « L’équation avant la nuit » de BLAISE NDALA (Par Cédric Moussavou)

3126
0
PARTAGER

 RÉSUMÉ  :
L'équation avant la nuit par Ndala
Quand son amie chilienne se fait menacer par un groupuscule néo-nazi, Daniel Zinga, écrivain canadien d’origine congolaise, n’hésite pas une seconde à l’aider à combattre l’infâmie… Un roman à la construction en poupée russe, du factuel à l’introspection, de l’enquête policière au thriller, de la critique historique à l’autocritique littéraire. Première gigogne : pour aider son amie, il faudra découvrir la véritable identité de son père. S’engage alors une passionnante et formidable enquête sur la course à l’arme atomique d’avant-guerre entre scientifiques allemands et américains. Deuxième gigogne : pour réaliser la première réaction en chaîne, il faut du combustible. À l’époque, il provient de deux régions du monde : celle des « premières nations » du Canada et le royaume des Lundas au Katanga, c-à-d. le Congo belge. L’enquête charrie le colonialisme et la responsabilité d’un prince congolais qui va trahir son peuple pour accompagner un physicien allemand qui lui-même trahit le 3eme Reich. Troisième gigogne : est-ce qu’un écrivain d’origine congolaise peut explorer toutes les dimensions de l’art de la littérature sans trahir sa « communauté de peau » ? A-t-il le de droit de « croire en l’universel aux quatre vents plutôt qu’aux identités qui se recroquevillent derrière une peau » ? Une magnifique et édifiante histoire comme une tragédie qui sacrifie les « traîtres », ceux qui ont le courage de sortir des carcans pour que perdure l’essence de la création. -Frédéric-

 CEDRIC MOUSSAVOU  :
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est C%C3%A9dric-M.-01.gif.Cédric Moussavou appartient à cette famille rare de lecteurs pour qui la littérature n’est pas un simple territoire d’évasion, mais une manière d’habiter le monde. Chez lui, le livre n’est jamais un objet : c’est une présence, une conversation, parfois un combat. Lecteur insatiable — ainsi que le présente l’émission Les Lectures de Gangoueus où il intervient régulièrement — il avance dans les textes comme on avance dans une forêt dense, avec la patience de celui qui sait que chaque page peut ouvrir un sentier inattendu.
Son regard, précis et généreux, s’attarde volontiers sur les littératures africaines et diasporiques, dont il explore les voix, les fractures, les élans. Il lit pour comprendre, mais aussi pour relier : relier les œuvres entre elles, relier les auteurs à leurs héritages, relier les lecteurs à des imaginaires parfois tenus à distance. Dans ses chroniques, Cédric Moussavou ne cherche pas l’effet, encore moins la posture. Il cherche la justesse. Il parle des livres comme on parle d’un ami rencontré au détour d’un voyage : avec respect, avec curiosité, avec cette manière singulière de faire sentir que la littérature, lorsqu’elle est prise au sérieux, peut encore déplacer quelque chose en nous. Ainsi s’est-il imposé, discrètement mais sûrement, comme l’une des voix sensibles de la médiation littéraire francophone contemporaine — une voix qui lit pour éclairer, et éclaire parce qu’elle lit.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here