« J’ai appris que tu faisais partie de la bande de la cité Zola… À ce qu’on m’a dit, tu étais un garçon tranquille, qui ne cherchait pas la bagarre. Tu évitais les embrouilles. Tu ne trempais pas dans les trafics. Comment t’es-tu retrouvé plongé dans une guerre des gangs ? Tu t’es laissé entraîner ? Tu étais fasciné par la violence ? Tu as voulu te faire de l’argent facile ? »
Crime en bande organisée, homicides, coups, blessures, vols, recel… Comment Bienvenu, dit Ben, ce gamin de seize ans, s’est-il fourré là ? Lui qui ne rêvait que de graffs et de filles, entre ses frangins casse-pieds, sa mère autoritaire et ses lascars de copains. C’était avant qu’il ne rencontre Marie-Ange, sa belle princesse mélancolique…
Ben voulait connaître le « grand frisson ». Il est copieusement servi par l’énergie urbaine, l’éloquence argotique et l’humour ravageur de Frankito, dont les pages « pètent les murs » comme des bombes de peinture.
CEDRIC MOUSSAVOU :
Cédric Moussavou appartient à cette famille rare de lecteurs pour qui la littérature n’est pas un simple territoire d’évasion, mais une manière d’habiter le monde. Chez lui, le livre n’est jamais un objet : c’est une présence, une conversation, parfois un combat. Lecteur insatiable — ainsi que le présente l’émission Les Lectures de Gangoueus où il intervient régulièrement — il avance dans les textes comme on avance dans une forêt dense, avec la patience de celui qui sait que chaque page peut ouvrir un sentier inattendu.
Son regard, précis et généreux, s’attarde volontiers sur les littératures africaines et diasporiques, dont il explore les voix, les fractures, les élans. Il lit pour comprendre, mais aussi pour relier : relier les œuvres entre elles, relier les auteurs à leurs héritages, relier les lecteurs à des imaginaires parfois tenus à distance. Dans ses chroniques, Cédric Moussavou ne cherche pas l’effet, encore moins la posture. Il cherche la justesse. Il parle des livres comme on parle d’un ami rencontré au détour d’un voyage : avec respect, avec curiosité, avec cette manière singulière de faire sentir que la littérature, lorsqu’elle est prise au sérieux, peut encore déplacer quelque chose en nous. Ainsi s’est-il imposé, discrètement mais sûrement, comme l’une des voix sensibles de la médiation littéraire francophone contemporaine — une voix qui lit pour éclairer, et éclaire parce qu’elle lit.