NOTE DE LECTURE – « Les Gréveuses » de ROMUALD GADEGBEKU (Par Sonia Le Moigne-Euzenot)

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RÉSUMÉ  :

Les Gréveuses par Gadegbeku

Rita est femme de chambre à l’Inside, hôtel parisien de six cents chambres. Une employée happée par un système : sous-payée, sans protection sociale ni contrat à plein temps, elle est soumise à une entreprise de sous-traitance. A la cité, ses fils l’attendent et trompent l’ennui. Comme elle, Aminata, Diva, Mariama sont payées à la tâche. Une violence de trop sera l’étincelle qui fera débuter la lutte, et embrasera leur été.
Sur le piquet de grève, elles sont dix-sept travailleuses à réclamer leurs droits. Elles ne parlent pas les mêmes langues, ne croient pas aux mêmes dieux, mais ensemble surpassent les douleurs et les humiliations. Leurs corps et leurs rêves abîmés. La grève devient alors une épopée où les femmes de chambre affrontent les grands patrons, invisibles, qui souhaitent que leur mouvement s’essouffle. À la fin, elles seront plus de cent-cinquante.
Dans une langue incandescente, Romuald Gadegbeku nous raconte la vie de ces travailleuses qui, par leurs efforts répétés, tentent d’arracher leur dignité autant qu’une juste place dans ce pays : que leur est-il arrivé ? Un premier roman politique où la grâce répond à la douleur.



 SONIA LE MOIGNE-EUZENOT  :
 

Sonia Le Moigne‑Euzenot fait partie de ces voix discrètes mais essentielles qui donnent du souffle à la littérature africaine francophone. Chercheuse passionnée, lectrice attentive et passeuse infatigable, elle explore depuis des années les écritures du continent avec une curiosité vive et une exigence toujours bienveillante.

Formée à l’Université Paris‑Sorbonne, elle s’est très tôt intéressée aux relations intimes entre le texte et son lecteur, un chemin qui l’a menée à consacrer un ouvrage remarqué à Sony Labou Tansi, couronné d’une mention spéciale du Grand Prix d’Afrique Noire. Chez elle, la critique n’est jamais froide : elle observe, elle écoute, elle relie, elle éclaire.

Dans Les Lectures de Gangoueus, Sonia apporte une présence singulière : un regard précis, une parole posée, une sensibilité qui sait faire entendre la profondeur d’un roman comme la finesse d’une écriture. Ses interventions, toujours nourries et généreuses, offrent aux spectateurs un espace de réflexion, d’émotion et de découverte.

Au‑delà du plateau, elle soutient activement la circulation des œuvres, les initiatives littéraires et les projets qui donnent de la visibilité aux auteurs africains et afro‑diasporiques. Pour beaucoup, elle est devenue une complice de lecture, une voix qui accompagne, qui oriente, qui ouvre des portes.

Sonia Le Moigne‑Euzenot incarne cette conviction simple et forte : la littérature est un lieu de rencontre, et il suffit parfois d’un regard juste pour qu’un livre trouve son lecteur.


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